Suisse, GenèveAston Martin V8 Vantage 4.7 : douze ans sans changer de costume
Un jour gris. Je suis fatigué, agacé par le quotidien, et j’ai besoin d’autre chose que d’une bonne raison. J’ai conduit cette V8 Vantage plusieurs fois, sur tous les types de routes. Pas pour la photo : pour savoir. Voici ce que j’en pense, sans filtre.
Douze ans, le même costume
Produite de 2005 à 2017, la V8 Vantage n’a presque pas changé de ligne en douze ans. Il y a une raison : elle n’en avait pas besoin. Basse, large, long capot, croupe courte. Garée devant un hôtel, elle a toujours l’air d’avoir raison.
Qui l’a dessinée ? Officiellement, Henrik Fisker. Mais Ian Callum affirme qu’environ 80 % du dessin s’est fait sous sa direction. Deux grands noms, une seule voiture. Le résultat, lui, ne se discute pas.
On s’assoit, et on se sent protégé
Le volant est daté, je ne vais pas mentir. Mais on est bien assis, très bien même, et on se dit que l’habitacle a l’air assez solide pour survivre à des tonneaux. C’est plutôt agréable : un vrai sentiment de sécurité. Certains y verront un peu de claustrophobie. Moi, j’y vois un cocon.
Et c’est vraiment bien fini. Celle-ci est noire à l’extérieur comme à l’intérieur, avec des coutures grises qui rappellent qu’on est chez Aston et pas dans un salon d’aéroport.
Le démarrage : discret, par choix
À froid, je pars toujours calme. En ville, je n’aime pas me faire remarquer, et je n’aime surtout pas être le type désagréable dans une grosse bagnole. Alors je laisse le V8 se réveiller, je roule doucement, je fais profil bas.
Mais il se réveille quand même. C’est un V8 anglais : brut, sonore, musclé. Il n’a pas la classe du V12 de la DB9, il est presque américain. Et franchement, c’est cool. Il est né à Cologne, assemblé à la main par Aston, puis monté à Gaydon. Allemand de naissance, anglais d’adoption, une fois de plus.
La ville, ou l’art de regretter
Voilà le moment où ça se gâte. La boîte Sportshift II est une manuelle robotisée à sept rapports, pas une automatique classique, et ça se sent. Elle hésite à passer les vitesses, à rétrograder, à remettre ou non la première. C’est lent. J’accélère un peu et je regrette ma vieille Maserati GranSport. Dans le trafic, ça agace, et moins agréable qu’une GranTurismo, c’est le point faible de cette voiture. Avec le recul de 2026, je le dis franchement : elle reste le point faible.
Merde, il y avait un mode sport
Voilà. Une fois la boîte chaude, tout change. Les vitesses passent bien plus vite que je ne le ferais moi-même avec une boîte mécanique, et le châssis est excellent. Le couple est bon, le V8 monte vers 7 300 tr/min avec envie, et la propulsion fait le reste : 426 ch qui poussent derrière.
Et je me retrouve, sur une route dégagée, à placer une petite virgule en sortie de courbe. Je me sens un bon pilote. J’adore.
C’est là qu’on comprend : cette voiture n’est pas faite pour la ville. Elle est faite pour l’instant où la route s’ouvre.
Face à la 911
Sur le papier, la Porsche 911 est meilleure. Je l’admets sans discuter. Mais je ne choisirai jamais une 997 plutôt qu’une V8 Vantage. Ça, c’est moi : le design, le style, le bruit et la passion m’attirent plus que les chiffres. Et puis elle est différente, et j’aime ça.
La Vantage est tout simplement meilleure, si l’arbitre est corrompu.
L’effet tournage de tête
Si on remplaçait l’applaudimètre des télé-crochets par un tournage de tête, on lui donnerait une coupe. Elle n’a pas besoin de faire du bruit pour être remarquée. Une voiture qui fait cet effet n’a pas à justifier son prix en secondes.
En descendant
En descendant, je me sens un peu mieux qu’en montant. C’est ce qu’on demande à une voiture, au fond. Pas d’être la plus rapide. D’être celle qui change la journée.
L’exemplaire
Livrée en Suisse, première mise en circulation en janvier 2017, donc des dernières années de production. 46 273 km : assez pour prouver qu’elle a vécu, pas assez pour l’avoir usée. Expertisée en août 2026, sans historique d’accident [à confirmer]. Historique d’entretien : [à venir].
Fiche technique Modèle : Aston Martin V8 Vantage 4.7, coupé Première mise en circulation : janvier 2017, livrée en Suisse Kilométrage : 46 273 km Moteur : V8 4,7 L atmosphérique, 426 ch, propulsion Boîte : manuelle robotisée Sportshift II, 7 rapports Couleurs : noir, intérieur noir, coutures grises
Maintenance effectué :
elivered in December 2016 by Aston Martin official dealer Garage Tarcisio Pasta SA (Cadenazzo, Switzerland) and first registered in January 2017. The original service book carries eight stamped entries, from the first-year service to the eighth-year service:
10.2017, 2,590 km: first-year service, Aston Martin Geneva 11.2018, 11,189 km: Aston Martin Geneva 11.2019, 19,441 km: Aston Martin Geneva 02.2021, 24,591 km: Aston Riviera Cars, Lausanne 09.2021, 27,470 km: Aston Riviera Cars, Lausanne 12.2022, 33,591 km: Aston Riviera Cars, Lausanne 09.2024, 42,295 km 11.2025, 45,312 km: eighth-year service, Pegasus Automotive Group SA, Nyon